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  • Photo du rédacteurMlle Miroir d'Equinoxe

Le cœur en bandoulière

Vous trimballez depuis toujours ce petit sac en cuir, un tout petit sac dans lequel vous mettez ce qui vous tient à cœur. Enfant, vous y mettiez les chaussures de Barbie perdue (la barbie, pas les chaussures), la tête d'un playmo ou encore vos autocollants tout cassés. Le sac était peine plus grand qu'une carte à jouer mais vous arriviez à le remplir sans difficulté, tout insouciant que vous étiez. Puis, en grandissant un tout petit peu, il a déjà fallu trouver un sac un peu plus grand. Pour y mettre plein de lettres de vos jeunes amis, de la terre de chez vous ou encore un joli collier de perles blanches. Votre sac commençait à taper dans votre hanche chaque fois que vous marchiez, mais vous n'en teniez pas compte et continuiez votre route. Au fil des années, ce petit sac est devenu une besace, se remplissant à chaque fois de photos, de tickets de cinéma et de bouquins. Cette besace devenait de plus en plus lourde, mais une fois de plus, vous l’acceptiez et vous avanciez avec.


Maintenant, ce sac est presque devenu une valise. Une valise contenant tous vos chagrins, toutes vos peines, accumulées depuis tout ce temps. Des séparations, des chagrins d’amour, des décès. Des êtres qui vous manquent, des histoires ratées, des rencontres loupées. Chacun des éléments présents dans ce sac de voyage représente une de vos souffrances, et chaque fois qu’un petit nouveau s’installe, il ne prend pas la place d’un précédent qui aurait été plus petit, non, il s’installe à côté. Il n’y a pas de turn-over, simplement un espace de plus en plus gros pour accueillir vos tristesses de plus en plus fortes.


Il serait facile de vous dire « tu n’as qu’à laisser cette valise sur le bord de la route »… Mais vous ne pouvez pas, elle fait partie de vous. Et bien que vous ayez de plus en plus de mal à gérer ce lourd paquetage, vous ne pouvez pas l’abandonner, vous auriez l’impression de tous les perdre une deuxième fois.


Alors, quand cette malle à chagrins s’ouvre pour s’agrandir, ce n’est plus le seul élément nouveau qui vous heurte, mais bien celui-ci plus tous les précédents. Surtout quand cette malle est ouverte avec violence. Et pourtant, malgré toute cette souffrance qui vient se poser sur vos épaules comme une chape de plomb, vous regardez en face de vous et vous vous dites que votre amie, là, a besoin de vous, parce que sa malle vient de devenir un container.


Il est donc essentiel dans ces moments là de faire face ensemble, et de pouvoir mutualiser les forces pour aider l’amie, et donc le container, à avancer, malgré tout.


A celles dont les malles se sont ouvertes en même temps que la mienne hier soir….et surtout à toi. Nous sommes là.

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