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  • Photo du rédacteurMlle Miroir d'Equinoxe

Et dans le brouillard, une main...

Vous avancez à tâtons, doucement, avec vos mains comme pare-buffle pour éviter de vous prendre de plein fouet un obstacle non perçu. Le brouillard est dense, il s'agit presque d'un nuage de coton dans lequel vous essayez de nager, mais cette épaisse fumée vous oppresse tellement que vous êtes dans l'impossibilité de voir où vous mettez les pieds. Comment réussir à aller au-delà de ce nuage de souffrance ou de ce marasme intellectuel alors que vous ne savez pas par où il faut aller, par où vous voulez aller. Vous entendez des voix en bruit de fond qui rient, qui se fâchent, qui vous murmurent des conseils allant dans un sens et dans l'autre sens. Il n'y a aucune logique, juste de la survie. Sortir de là. A force de tourner en rond vous vous épuisez... Des semaines, des mois, peut-être des années...vous frappez à chaque porte que vous croisez mais la plupart du temps elles sont vides ou les maisons ne vous semblent pas assez accueillantes pour avoir envie d'y toquer. Et puis un jour, à travers le brouillard, une main se tend. Légèrement diaphane, presque irréelle, une main en chair et en os. Vous n'êtes plus tout seul. Vous n'êtes pas encore certain de vouloir la saisir car vous ne percevez pas qui se cache vraiment derrière cette main, mais sa présence vous réchauffe un peu et vous permet de ressentir quelque chose que vous aviez perdu depuis longtemps : l'espoir. Vous continuez d'avancer, avec cette main présente à vos côtés. Elle est discrète, ne s'immisce pas dans votre cheminement mais vous retient par le col une fois ou deux, vous épargnant un précipice ou un volcan. Elle est manifestement bienveillante, tantôt solide et sûre, tantôt douce et légère et vous réalisez petit à petit que le brouillard est moins épais depuis qu'elle est arrivée. D'ailleurs ce que vous entendez désormais en bruit de fond ne semble plus aussi négatif qu'avant. Il y a toujours les rires, mais ceux d'un bon jeu de mots partagé ou d'un instant de complicité. Il y a toujours des voix qui se fâchent, mais vous sentez qu'elles essayent de vous botter l'arrière train et qu'elles sont là pour vous aider. Il y a toujours les conseils, mais il vous semble que ceux-ci sont pertinents et prennent en compte votre situation à vous. Vous n'êtes plus oppressé, vous êtes juste un peu perdu.

Puis, tandis que le brouillard s’attenue, vous percevez des formes humaines derrière cette main. Ces mains. Car il n’y en avait pas qu’une seule, elles étaient plusieurs. Dans votre dédale personnel, vous n’aviez pas prêté attention à cette main qui était parfois différente. Mais vous réalisez enfin que vous n’avez jamais été seul, que plusieurs mains et donc plusieurs personnes ont toujours été là tout près, pour vous soutenir et vous aider à trouver le chemin de la sérénité, du pardon ou du deuil. Vous n’avez jamais été seul.


Et lorsque vous êtes une de ces petites mains, n’attendez pas de l’Autre qu’il vous reconnaisse ou qu’il vous remercie. Soyez simplement là pour lui, pour elle. Ne brusquez rien, ne forcez rien. Soyez juste là.

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