top of page
  • Photo du rédacteurMlle Miroir d'Equinoxe

Drôle de planète


Il m’arrive très souvent de me dire que je ne viens pas de la même planète que la plupart des gens. Leurs réactions me semblent étranges, ils se concentrent sur des choses qui me paraissent hors propos et passent à côté de ce qui m’est essentiel, bref, souvent, je me dis que vraiment, j’ai atterri dans un endroit très étonnant.


Hier soir, j’étais dans les fastes d’un hôtel de luxe, à regarder un violoncelliste contemporano-jazzo-manoucho-classique ressentir sa musique avec de grands gestes et des mimiques éloquentes, et je me demandais ce que je faisais là. Pourtant, cette formation musicale m’a émue, je suis passée du fou rire stupéfait devant la théâtralité des musiciens aux larmes touchées d’un tango de clair de lune, mais je n’arrivais pas à m’enlever de l’idée que vraiment, les gens faisaient des choix curieux dans leurs vies, et que vraiment je n’étais pas bâtie sur le même modèle. Je me sentais un peu en décalage, et ce d’autant que la veille, lors d’une toute autre soirée d’un genre bien plus simpliste, j’avais pourtant vécu un moment essentiel et sincère, un de ces moments où vous avez l’impression d’avoir compris la vie sans pour autant réussir à poser les bons mots sur ce qui vous fait sourire. Le fossé m’a paru bien large entre les deux rives de mes 24h, mais j’en arrivais encore néanmoins à conclure que malgré mon inadaptation latente à la vie rêvée des autres, j’étais encore capable de passer des beaux moments vrais et simples, de rencontrer des gens qui me bouleversaient et que mon atterrissage forcée sur cette planète n’était finalement pas si terrible.


Et puis il y a eu ce midi. Ce midi où je me suis dit que non, vraiment, je ne venais pas d’une planète comme celle-là. Je me demande régulièrement si les gens sont cons ou s’ils sont juste méchants, sur des sujets bien moins graves, mais lors d’événements comme aujourd’hui, la question est d’autant plus présente. Comment peut-on faire ça ? Comment préparer ses enfants à vivre dans ce monde lorsque l’on ne le comprend pas ?


Parce que sur ma planète les gens ne se tuent pas. Les gens ne sont pas animés par l’argent, la gloire ou le succès, ils ne songent pas un instant à marcher sur l’Autre pour réussir, ils ne sont pas parfaits, mais ils sont gentils. Et ne voyez pas ce qualificatif comme le politiquement correct de « crétin », sur ma planète être gentil est une des plus belles qualités, une des plus nobles. Ma planète est souvent appelée celle des Bisounours ou des Naïfs, mais je la préfère de loin à celle qui accueille et nourrit des gens aussi ingrats et mesquins, agressifs et destructeurs.


Heureusement, je découvre au fur et à mesure que j’avance dans ce monde qu’il y a d’autres catapultés qui ont atterri sur Terre, et qui viennent de ma planète. Des gens qui, quand je les rencontre, sont des évidences. Et qui du coup adoucissent un peu, par leur amour, leurs sourires, leur intelligence, la violence de ce monde.


J’ai une tendre pensée pour ces nouvelles étoiles, et l'injustice de cette situation.


Tristement,

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


Post: Blog2_Post
bottom of page